Jacques Vandescure et Basketball Global Vision, porteurs d’espoir en RDC et en Afrique par le basketball

Lorsqu’on part en reportage pour rencontrer pour la première fois un grand champion de basketball en Belgique, ayant évolué dans le championnat universitaire américain, on est assailli par plusieurs images préconçues : très grand, pas moins de deux mètres, de grosses lunettes de soleil, pas très volubile, grosse berline, qui montre son importance, etc.

Et puis Jacques Vandescure arrive, et toutes les images qu’on s’était construit dans son imaginaire se dissipent, laissant place à une bonne surprise, un homme simple. Jacques arrive, la démarche assurée, il salue courtoisement, propose immédiatement qu’on se tutoie et s’excuse vraiment pour son retard. Côté comportement, on est aux anges. Comment ne pas se sentir à l’aise pour réaliser une première interview aux côtés d’un grand sportif aussi courtois ? Il faut dire qu’en fréquentant souvent les footeux, on s’habitue très vite à l’arrogance à souhait même si tous les professionnels du football ne sont pas à mettre dans le même sac.

Jacques doit parler de lui et du projet qui lui tient à cœur : Basketball Global Vision. On propose un petit briefing avant de débuter l’enregistrement. Il accepte avec le sourire ce petit point d’avant interview qui dure cinq minutes. On est enfin prêt. On appuie sur le bouton, ça y est, l’interview est lancée.

Jacques Vandescure : un mélange d’humilité, de pragmatisme, d’intelligence d’esprit et de volonté de gagner

Lorsqu’on discute avec Jacques, on ne croirait pas qu’il a arrêté la compétition professionnelle. Il parle du basket dans le présent avec tellement de passion qu’on croit être en face d’un joueur en plein milieu des play-offs d’une compétition importante. Le discours est direct, clair, concis et va à l’essentiel ; et l’essentiel pour Jacques, ce sont les résultats aussi bien quand il était joueur que aujourd’hui où il s’investit énormément dans des projets pour jeunes.

Ce jeune homme de 34 ans, fils d’une mère congolaise et d’un père belge, dernier né d’une fratrie de cinq enfants a le sens du collectif inoculé dans le sang. Ce sens du devoir collectif suinte dans chacune de ses paroles. C’est ce sens du collectif commencé avec ses frères dans le basket qui, l’a mené dans les années 1990, du Basket Club Bruxelles au Maes Pils Malines, et à Anvers où il a été sacré champion de Belgique. Jacques est aujourd’hui un porteur de rêves pour des milliers d’enfants, mais pour y arriver, il a mené son propre rêve malgré les douleurs, la fatalité et les blessures qui ne l’ont pas épargné. Dur-au-mal, c’est quand il est harcelé par des blessures chroniques au genou qu’il décide de réaliser son rêve américain ! Plusieurs équipes du top 50 de la NCAA[1] ont bénéficié de son talent.

Pour couronner le tout, Jacques est caractérisé par une humilité exemplaire. On ne dirait pas qu’il travaille comme agent et consultant sur le continent africain pour la franchise NBA des Washington Wizards. On ne croirait pas qu’il fréquente les superstars multimillionnaires de la NBA. Jacques connaît très bien le basketball africain. Et pour cause, à la fin de sa carrière, il s’est plongé dans ses racines congolaises qui lui ont permis de découvrir tout le potentiel humain dont regorge les pays africains. Durant l’interview, on sent qu’on a affaire à un connaisseur mais aussi à un bon analyste. Ses analyses ne touchent pas seulement les équipes fanion du basket africain, elles vont jusqu’au tréfonds, à ce qui constitue la base même du basket, les moins de dix ans. Eh oui, en Afrique, il n’y a pas que le foot dans la vie, il n’y a pas que le foot qui fait rêver les gamins dans les rues de Kinhasa, Kigali, Dakar, Yaoundé, Lomé, Accra, Johannesburg, Luanda ou Tunis. Il y a aussi la balle orange. Jacques n’a pas la langue de bois et n’hésite pas à mettre le doigt sur les erreurs de certains pays comme l’Angola, autrefois ogre du basket africain qui a négligé financièrement la formation des jeunes au profit de son équipe fanion. Aujourd’hui, les Angolais se mordent les doigts, le Nigeria est aux JO de Londres, pas eux. L’humanisme transparaît dans son discours, le mot « espoir » revient quand il parle des enfants. Et c’est pour ces enfants des bas quartiers populeux et miséreux des villes africaines qu’il a créé Basketball Global Vision.

 

Basketball Global Vision : l’humanisme par la balle orange

On dit souvent que l’anxiété est un signe révélateur de l’intelligence chez l’humain. Jacques a de la suite dans les idées. Quand il arrive vers la fin de sa carrière, il se pose les bonnes questions concernant sa reconversion. L’appel des sources africaines est très fort. Il ne peut y répondre sans penser à tous ces « Shegués[2] » qui croulent dans la misère. Pour apporter sa petite pierre à l’édifice de ce Congo qui se morfond dans la douleur depuis l’assassinat du mythe africain Patrice Lumumba, il propose à ces enfants rejetés, ce qui pour lui est le plus précieux et qu’il connaît le mieux : le basket.

L »humanisme à travers le basketball ont fait de Jacques un globe-trotter du continent africain. En RDC, au Maroc, au Rwanda, au Sénégal, au Congo-Brazzaville, en Afrique du sud où il va prêcher le message de l’éducation et de l’intégration sociale des enfants à travers le sport en général et le basket en particulier. Des structures sont créées afin de donner à ces enfants une chance de s’en sortir. De nombreux camps sont organisés par Basketball Global Vision pour les enfants, le prochain grand camp aura lieu à Goma dans l’est de la RDC du 6 au 12 août 2012. Une campagne de collecte de vêtements a d’ailleurs commencé en faveur des enfants qui participeront à ce camp. Plusieurs joueurs de l’équipe nationale belge tels que Guy Muya, Axel Hervelle, Jonathan Tabu et Toma Van Den Spiegel  se sont impliqués dans cette campagne. La structure possède également un volet formation puisqu’elle aide les fédérations africaines à la formation des coachs et les conseillent dans la mise en place des championnats de jeunes dès l’âge de 10 et 12 ans.

Basketball Global Vision a de l’ambition pour la jeunesse africaine par le basket. Elle aide les jeunes qui représentent des espoirs au niveau sportif. Elle l’a montrée l’année dernière en envoyant trois jeunes Congolaises dans des universités américaines. Chaque étudiante coûtera 50000 dollars sur quatre ans, soit une enveloppe globale de 150 000 dollars pour aider ces jeunes femmes à continuer non seulement leurs carrières mais également leurs études afin de leur donner la chance d’un avenir brillant.

Jacques prendra à nouveau son bâton de pèlerin pour apporter l’espoir d’un avenir meilleur à travers le basket prôné par Basketball Global Vision dès le 4 août aux 500 enfants qu’il réunira pour le camp de Goma en la présence de plusieurs sponsors internationaux importants. Il ira chercher ces enfants au Rwanda et en RDC pour le plus grand camp en Afrique centrale. Ce sera ensuite au tour du Sénégal et de l’Afrique du sud au début du mois de septembre.

A travers Basketball Global Vision, Jacques Vandescure a gardé lors de sa reconversion les mêmes convictions que celles qu’il avait, ancrées en lui lorsqu’il était joueur : des convictions humanistes marquées par la volonté de bien faire, de réussir et d’aider son prochain.

Kalvin Njall SOIRESSE

Correspondant sports pour BBC Afrique en Belgique

Journaliste à Radio Campus, émission « Sous l’Arbre A Palabre »

Sources :

–         www.basketballglobalvision.com

–         Interview de Jacques Vandescure réalisée pour BBC Afrique et Sous l’Arbre A Palabre (Radio Campus Bruxelles)


[1] Championnat universitaire américain

[2] En lingala, désigne les enfants abandonnés dans la rue en République Démocratique du Congo.

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A propos KALVIN SOIRESSE NJALL

Journaliste, Écrivain, Coordinateur du Collectif "Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations" rassemblant 130 associations africaines subsahariennes de Belgique. Passionné de littérature et de contradiction.
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Un commentaire pour Jacques Vandescure et Basketball Global Vision, porteurs d’espoir en RDC et en Afrique par le basketball

  1. michee mianga dit :

    Le coach recrutera -t-il les petits qui grandissent en jouant bien au basket ou les grand qui jouent un basket normal? Suite a son experience de
    coaching combien de jeunes a-t-il former et recruter qui evoluent dans equipes pro?

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