Côte d’Ivoire: la guerre des pauvres poussés dans le dos par les riches aura-t-elle lieu?

« La guerre des pauvres », c’est l’expression utilisée par le président Sankara à son époque pour qualifier le conflit qui a failli plonger le Mali et le Burkina-Faso dans un affrontement bête et sanglant. Une guerre en Afrique ne tuera toujours que les Africains et n’appauvrira encore et toujours que l’Afrique. Depuis près de 500 ans, les riches de la planète procèdent de la même façon: ils profitent de l’argument de l’apport de la civilisation autrefois, et de la démocratie aujourd’hui pour faire la guerre aux plus pauvres. La guerre en Irak en est une preuve. Mais comme ils sont de plus en plus démasqués, ils procèdent autrement, ils poussent les pauvres à faire la guerre aux pauvres, pour supprimer les chefs d’Etat rebelles qui leur sont insoumis, même si ceux-ci ne sont pas toujours des enfant de coeur.

Dans la crise ivoirienne, une chose transparaît clairement aujourd’hui: les Etats-Unis veulent la guerre, la France veut la guerre et entraîne l’Union Européenne avec elle. Tous ces gens poussent dans le dos la CEDEAO pour qu’elle fasse tonner les armes. Au-delà même du conflit électoral qui existe entre Gbagbo et Ouattara, si l’Africain s’abaisse à faire la guerre en Côte-d’Ivoire, c’est qu’il n’a rien compris à l’histoire du monde depuis 500 ans.

Depuis quelques jours, on entend des soi-disant spécialistes des relations internationales et de l’Afrique dire qu’il faut partir en guerre. C’est le cas en France d’un analyste respecté comme Pascal Boniface qui ne fait preuve d’aucune objectivité dans l’affaire ivoirienne. Il dit qu’il faut aller en guerre parce que ce n’est pas son pays et parce qu’il est assis dans son fauteuil depuis Paris à faire la fine bouche. Il veut la guerre parce que ses enfants ne se trouvent pas en Côte-d’Ivoire. D’ailleurs certains pays africains ne s’y trompent pas: l’Angola, la Gambie et le Ghana ne veulent pas y aller et ils ne sont pas les seuls.

 

Les rebelles des Forces Nouvelles soutenant Ouattara sont subitement devenus des saints pour les gouvernements occidentaux.

Comme Bush, certains parlent de démocratie quand ça les arrange. Aujourd’hui en Europe et aux Etats-Unis, étrangement, c’est Gbagbo qui est devenu l’unique responsable des malheurs de la Côte-d’Ivoire depuis 10 ans. Les rebelles qui ont pris les armes, qui occupent tout le nord du pays depuis 8 ans, et qui n’ont pas fait que caresser la tête des enfants sont devenus aujourd’hui aux yeux de l’ONU et de la soi-disant communauté internationale des anges. On les dorlote, on les épargne et on ne parle guère des exactions qu’ils ont commis. Tous se concentrent sur Gbagbo qui doit être jugé (l’idée fait son chemin). Guillaume Soro autrefois chef des rebelles qui crie haut et fort qu’il faut faire la guerre, est devenu auprès des occidentaux presque aussi pur que Jesus-Christ lui même en qui il prétend avoir la foi. Balivernes!

 

Le soviétisme des médias occidentaux

Le manque d’objectivité des médias et des analystes en Europe devient de plus en plus méprisable. Il ressemble à la propagande des médias de l’ex Union soviétique. Gbagbo n’est pas un saint. Il a certes profité de certaines situations pour arriver et se maintenir au pouvoir mais ceux qui sont en face de lui ne sont pas non plus pavés de bonnes intentions. Ceux qui s’improvisent analystes comme Madame Marie-France CROS du journal « La Libre Belgique » et qui connaissent à peine l’histoire politique de l’Afrique de l’ouest doivent retourner à leurs études africaines. On dirait que cette dame est devenue le porte-parole d’Alassane Ouattara en Belgique au point de débiter sur la chaîne RTL-TVI des inepties du genre: « C’est Gbagbo qui a empêché Ouattara d’aller aux élections en 2000″. Ceci prouve qu’elle n’y connaît rien car en 2000 c’est l’actuel allié de M. Ouattara, Bédié qui était président et c’est lui qui a écarté Alassane Ouattara avec le concept d »‘ivoirité ». Ce concept qui existait depuis longtemps a été déterré par Bédié, Gbagbo n’a fait qu’en profiter lorsqu’il était en difficulté.

Et puis, on connaît l’histoire de Ouattara, celui qui est présenté aujourd’hui comme une victime. Il a été l’un des premiers à instituer la carte de séjour pour les étrangers alors qu’il était Premier ministre. Ceci pour se faire bien voir auprès de ses compatriotes du sud qui succombaient à la propagande de Bédié selon laquelle Ouattara n’était pas ivoirien. Nous dénonçons le sort fait aux sans-papiers en Europe et pendant ce temps, Ouattara a fait de ses propres frères africains des sans-papiers en Afrique!

Il faudrait dire ceci aux va-t-en guerre puisque visiblement le bruit des armes les démange: allez en guerre, vous ferez peut-être tomber Gbagbo, vous le tuerez ou le jugerez peut-être. Mais après, on verra si la présidence de Ouattara sera de tout repos!

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A propos KALVIN SOIRESSE NJALL

Journaliste, Écrivain, Coordinateur du Collectif "Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations" rassemblant 130 associations africaines subsahariennes de Belgique. Passionné de littérature et de contradiction.
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