LA FRANCAFRIQUE VEUT MUTER MAIS ELLE RESTE LE GRAND DIABLE DE L’AFRIQUE

Sarko n’a jamais rien compris à l’Afrique et il n’y comprendra jamais rien.

L’homme de la rupture avec la Françafrique est devenu l’homme de la nouvelle stratégie qui régénère la Françafrique. Comme en politique intérieure, le nouveau riche de Neuilly avait sous-estimé l’état des lieux. Criant aux quatre vents son état de grand réformateur, il se rend compte aujourd’hui qu’il n’est qu’un président comme les autres, privilégiant la sauvegarde des intérêts français et donc la protection des dictateurs au développement des pays africains.

Les théoriciens de la science politique ont parlé de la « dépendance au sentier ». Ils n’ont pas eu tort, Sarkozy ne suit que le sentier tracé par ses prédecesseurs qu’il a pourtant tant critiqués. Lors du discours au palais des sports de Cotonou en 2006, certaines personnes qui se disent libérales en Afrique nous ont servi le chant du nouveau « super président » qui allait être différent. Ils en sont pour leur frais.

Sarko revient avec une nouvelle formule, l’économie avant le politique qui s’est traduit au dernier sommet de Nice. Face à l’offensive des nouveaux pays émergents (Chine, Inde, Brésil), il ne pouvait pas faire autrement. La France est menacée en Afrique, politiquement, économiquement et même culturellement. Et ça, ses conseillers ont vite fait de lui dire car ce Monsieur ignore tout des réalités africaines. N’est-ce pas le même qui disait en 2006 à Cotonou: « La France n’a pas besoin de l’Afrique? » Chirac doit en ce moment même rire dans sa retraite.

Pour attirer les grands pays anglophones ne faisant pas partie du pré carré, Sarko leur a servi l’argument économique. Toutefois, ceci est en partie une fumisterie car la France veut avant tout protéger ses fidèles françafricains. Elle sait que pour exister, elle devra toujours s’appuyer sur le noyau dur. Pour donner l’impression de faire quelque chose de nouveau, le président français apporte cette trouvaille de la présence des acteurs économiques et de la société civile.

La France en Afrique est une bête qui veut muter mais seulement en apparence, car au fond d’elle même, elle reste le grand diable traînant derrière elle ses disciples, les dirigeants corrompus africains. Tout ce beau monde continuera sous cette nouvelle couverture à happer nos espoirs et à saper l’avenir de notre continent.

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A propos KALVIN SOIRESSE NJALL

Journaliste, Écrivain, Coordinateur du Collectif "Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations" rassemblant 130 associations africaines subsahariennes de Belgique. Passionné de littérature et de contradiction.
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